Par Daniel Hernandez, maîtrise d’ouvrage stratégique Mobilité Internationale à la SGCIB (Société Générale Corporate and Investment Banking)
La mobilité internationale est un sujet très technique, notamment du fait de la complexité de la construction des packages de rémunération des expatriés. C’est par ailleurs un sujet encore peu mature : l’offre progicielle est peu étendue et encore peu sophistiquée. Dans toute problématique de Mobilité Internationale intervient un couple de pays.
Toutes les problématiques doivent alors être conjuguées : les taxes, l’aspect légal, réglementaire, social, linguistique, et les combinaisons de pays sont très nombreuses, surtout pour les groupes internationaux comme la Société Générale. Le moindre projet de Mobilité Internationale va nécessiter alors un large panel d’experts : experts en Mobilité Internationale, experts en taxes, experts légaux (pour les contrats), experts en technologie.
Quels sont les enjeux et objectifs de la Mobilité Internationale ?
La Mobilité Internationale répond à 3 types d’enjeux distincts :
• Le développement international de l’entreprise : que ce soit pour porter la politique du groupe à l’étranger lors d’acquisitions ou pour conquérir de nouveaux marchés dans des pays où la société n’est pas implantée : l’enjeu est donc entrepreneurial. C’est une pratique courante à la SGCIB.
• Le fonctionnement interne de l’entreprise : la Mobilité internationale permet de gérer les transformations de l’organisation liées au développement international, de contrôler les opérations du groupe à l’étranger et d’augmenter le niveau de compétence global de l’entreprise.
• Le développement de ses collaborateurs. Les populations expatriées sont essentiellement les suivantes :
- les hauts potentiels ou « key people ». Tout « key people » est au moins expatrié une fois dans sa vie. Ils sont amenés à occuper des postes de haut niveau, et se doivent donc de posséder une culture internationale.
- les experts : afin de diffuser les bonnes pratiques et les savoir-faire sur des compétences cœur de métier ou de pallier les difficultés de recrutement dues à une faible renommée de la société.
- les jeunes cadres : afin de développer la créativité et la montée en compétences par la diversité
Comment s’organisent les entreprises pour gérer la Mobilité Internationale ?
Les populations internationales de la Société Générale sont gérées par Pôle et non par le Corporate, du fait du principe de subsidiarité des pôles. Une bonne organisation est alors nécessaire : la Mobilité Internationale est un sujet transversal à tous les processus RH. 3 types de services traitent donc de cette problématique :
• Les politiques spécifiques de rémunération sont gérées par un service « Compensation & Benefits »
• La gestion des carrières par un service spécifiques « Career & Talent Management »
• Enfin les outils de gestion sont développés et maintenus par une équipe SIR
Comment est gérée la Mobilité Internationale au sein des sociétés ?
Concrètement, l’expatriation est gérée en 4 phases distinctes :
• la préparation du package, calculé sur la base d’indices et de données de rémunération des pays d’origine ou d’accueil.
• la préparation du contrat et le processus de « relocation », une fois que salarié et employeur ont validé l’expatriation.
• la gestion administrative une fois l’expatrié en poste.
• le retour d’expatriation, la localisation ou un enchaînement d’expatriation en fin de détachement
L’expatriation nécessite-t-elle une préparation culturelle ?
Bien que la SGCIB envoie principalement ses expatriés dans des grandes places financières, ces derniers ont néanmoins la possibilité de suivre une préparation interculturelle.
Les thématiques abordées dépendent essentiellement du pays de destination : la sécurité en Afrique par exemple, l’humilité au Japon…
Propos recueillis par Gilles Thiébault

Commentaire par Stéphanie et Niouma — 21 juin 2010 à 1 h 08 min
Bonjour,
Comme vous l’avez souligné la mobilité internationale est un enjeu capital pour une entreprise, particulièrement d’un point de vue économique. Outre la bonne organisation de ce processus, nous pensons qu’une expatriation réussite passe surtout, comme vous l’avez énoncé, par la gestion administrative et le retour. En effet, peu importe le chiffre d’affaires de l’entreprise ou sa taille, un expatrié doit avoir une totale confiance en son entreprise pour être à l’aise durant sa mission et donner le meilleur de lui-même. Cette confiance peut passer par un suivi personnalisé tout au long du processus d’expatriation. Même les « key people » ont besoin d’être rassurés, de savoir qu’ils peuvent compter sur leurs entreprises et garder un lien avec leur pays d’origine. Par ailleurs, cela facilitera leur retour et atténuera le syndrome que peuvent ressentir certains expatriés de retour dans leur pays d’origine.